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Études sectorielles

Marché marchand de biens 2026 : analyse structurelle

Données consolidées sur l'activité MdB en France, volumes transactionnels, profils d'opérateurs et dynamiques territoriales observées.

Par le Pôle Direction·21 mai 2026·15 min de lecture·

L'activité des marchands de biens en France enregistre des évolutions contrastées en 2026. Cette étude sectorielle décrypte les statistiques clés, les volumes d'opérations et les stratégies d'arbitrage par segment de marché.

Le métier de marchand de biens s'est structuré au cours des quinze dernières années autour de segments de marché distincts, portés par des opérateurs aux profils hétérogènes. L'exercice 2025-2026 témoigne d'une recomposition profonde de l'activité, marquée par un durcissement des conditions de financement, une hausse des coûts de rénovation et une sélectivité accrue des acquéreurs finaux. Cette analyse consolide les données disponibles sur les volumes transactionnels, la structure de l'offre et les dynamiques territoriales observées.

Périmètre et méthodologie

L'activité de marchand de biens recouvre l'acquisition d'actifs immobiliers en vue de leur revente après transformation, division ou simple portage. Le statut fiscal (article 35 du CGI) impose la déclaration des opérations en bénéfices industriels et commerciaux (BIC). Cette définition exclut les promoteurs-constructeurs et les opérateurs de marchands de listes.

Les données consolidées proviennent de plusieurs sources : fichiers MAJIC (DGFiP), base BIEN (notaires de France), déclarations CERFA 2072-S (liasses fiscales), enquêtes IEIF et panels BPCE. La période de référence couvre les exercices 2023 à 2025, avec des estimations pour le premier semestre 2026. Les volumes sont exprimés en nombre d'actes authentiques et en montants hors taxes.

Point de méthode
Les statistiques présentées distinguent trois segments opérationnels : la division parcellaire (achat d'une maison en vue de créer plusieurs lots), la rénovation-revente (réhabilitation lourde avant cession), et l'arbitrage court terme (portage inférieur à 18 mois sans travaux significatifs). Cette segmentation repose sur l'analyse de 14 200 transactions identifiées comme opérations de marchands de biens dans les bases notariales 2024-2025.

Volumes transactionnels et structure du marché

Évolution globale de l'activité

Le nombre d'opérations réalisées par des marchands de biens identifiés s'établit à 38 700 transactions en 2025, contre 42 100 en 2024 (-8,1 %) et 46 300 en 2023 (-16,4 % sur deux ans). Cette contraction reflète le resserrement du crédit immobilier professionnel : le taux moyen des prêts relais pour opérateurs MdB atteint 5,2 % en mars 2026 (source BPCE), contre 2,8 % fin 2022.

Le montant cumulé des acquisitions par marchands de biens représente 11,4 milliards d'euros en 2025, en baisse de 12,3 % par rapport à 2024 (13,0 Md€). Le prix moyen d'acquisition par lot ressort à 294 000 euros, en hausse de 4,6 % sur un an, témoignant d'une montée en gamme des actifs traités.

ExerciceNombre d'opérationsMontant total (Md€)Prix moyen (k€)
202346 30012,8276
202442 10013,0281
202538 70011,4294

Répartition par segment opérationnel

La division parcellaire concentre 42 % des opérations en 2025 (16 250 transactions), devant la rénovation-revente (35 %, soit 13 550 opérations) et l'arbitrage court terme (23 %, soit 8 900 opérations). La division parcellaire recule de 11 % sur un an, pénalisée par le durcissement des PLU et l'allongement des délais d'instruction (7,8 mois en moyenne nationale en 2025 selon le CGEDD).

La rénovation-revente affiche une relative résilience (-5,2 % sur un an), portée par le différentiel de décote sur les biens énergivores. L'écart de prix entre un logement classé F-G et un logement rénové en classe B-C atteint 32 % en Île-de-France et 26 % en région (données MeilleursAgents, T4 2025). Cette prime de rénovation demeure suffisamment élevée pour maintenir les marges opérationnelles, malgré la hausse de 18 % des coûts de rénovation observée entre 2023 et 2025 (indice BT01, INSEE).

L'arbitrage court terme enregistre le recul le plus marqué (-14,7 %), conséquence de la compression des délais de revente et de la hausse du coût du portage. La durée moyenne de détention avant revente s'établit à 11,2 mois en 2025, contre 9,4 mois en 2024, accroissant mécaniquement les frais financiers.

Profil des opérateurs

Le marché demeure atomisé : 68 % des marchands de biens réalisent moins de 5 opérations par an, 24 % entre 5 et 20 opérations, et seulement 8 % dépassent 20 transactions annuelles. Les opérateurs structurés (sociétés de capitaux, SARL, SAS) représentent 61 % des transactions en volume, contre 39 % pour les personnes physiques ou micro-structures.

La concentration s'accentue sur le segment haut de gamme : les 50 premiers opérateurs (classement par volume d'affaires) concentrent 19 % des montants transactés en 2025, contre 16 % en 2023. Cette dynamique reflète l'avantage comparatif des structures capitalisées face aux tensions de trésorerie et aux exigences accrues des établissements de crédit (apports personnels moyens de 28 % du montant d'acquisition en 2025, contre 22 % en 2023).

Repère chiffré
Un opérateur réalisant 12 transactions par an en division parcellaire affiche un chiffre d'affaires moyen de 4,2 millions d'euros et une marge nette après impôt de 180 000 euros, selon les données médianes issues de l'analyse de 230 liasses fiscales 2024. La rentabilité nette sur fonds propres ressort à 24 %, en baisse de 7 points par rapport à 2023.

Dynamiques territoriales

Concentration géographique de l'activité

L'Île-de-France concentre 31 % des transactions de marchands de biens en 2025 (12 000 opérations), devant Auvergne-Rhône-Alpes (14 %, 5 420 opérations) et Occitanie (11 %, 4 260 opérations). La région parisienne affiche toutefois le recul le plus marqué (-12,8 % sur un an), pénalisée par l'effondrement du segment de l'arbitrage court terme en petite couronne.

Les métropoles régionales (Lyon, Toulouse, Bordeaux, Nantes, Lille) totalisent 22 % de l'activité nationale. Le dynamisme de ces marchés repose sur un stock important de logements anciens dégradés (constructions antérieures à 1975) et une demande finale soutenue par l'attractivité démographique. Le taux de rotation des biens rénovés par marchands de biens atteint 4,2 mois en moyenne dans ces villes, contre 6,8 mois à l'échelle nationale.

Spécificités des marchés secondaires

Les villes moyennes (50 000 à 200 000 habitants) enregistrent une hausse de 3,4 % de l'activité MdB en 2025, à contre-courant de la tendance nationale. Cette résilience s'explique par trois facteurs : la poursuite du desserrement résidentiel post-Covid, l'accessibilité financière des actifs (prix d'acquisition moyen de 168 000 euros, contre 412 000 euros en Île-de-France), et l'absence de tensions foncières majeures.

Les départements littoraux et frontaliers affichent des dynamiques hétérogènes. Le littoral atlantique (Charente-Maritime, Vendée, Morbihan) enregistre une progression de 5,7 % des volumes, portée par la demande de résidences secondaires et le développement de locations saisonnières. À l'inverse, le littoral méditerranéen (Var, Alpes-Maritimes) recule de 9,2 %, confronté à la saturation foncière et aux contraintes réglementaires accrues (PLU littoral, loi Montagne).

Cartographie des rendements par zone

La rentabilité médiane (marge nette avant impôt rapportée au montant d'acquisition) varie de 14 % en Île-de-France à 28 % dans les Hauts-de-France. Cette dispersion reflète les écarts de coûts d'acquisition et de transformation, ainsi que les différentiels de liquidité des marchés.

Les zones où la décote sur biens énergivores dépasse 30 % (Nord-Pas-de-Calais, Lorraine, Auvergne) offrent les marges brutes les plus élevées, mais exposent à des délais de revente allongés. La durée moyenne de portage atteint 14,6 mois dans ces territoires, contre 8,3 mois en Île-de-France. Le rendement net, après intégration du coût du portage et des frais financiers, converge vers une fourchette de 16-22 % selon les segments.

Dynamiques de coûts et contraintes opérationnelles

Structure des coûts de rénovation

Le coût médian de rénovation lourde (électricité, plomberie, isolation, menuiseries) s'établit à 1 240 euros par mètre carré en 2025, en hausse de 18 % sur deux ans. Cette inflation découle de la tension sur les corps de métiers qualifiés (délais d'intervention de 11 semaines en moyenne pour un électricien en Île-de-France) et de la hausse des matériaux (indice BT41 +14 % entre janvier 2023 et mars 2026).

La mise aux normes énergétiques représente 42 % du budget de rénovation pour les biens classés F-G, contre 28 % en 2022. Le coût d'un passage de la classe G à la classe C oscille entre 38 000 euros et 62 000 euros pour une maison individuelle de 100 m², selon la performance initiale et la solution technique retenue (isolation extérieure, pompe à chaleur, ventilation double flux).

Les surcoûts liés à la découverte de pathologies (amiante, plomb, mérules) affectent 18 % des chantiers et représentent en moyenne 23 % du budget initial. Cette incertitude technique constitue le principal facteur d'érosion des marges, en particulier sur le segment de la rénovation lourde de bâti ancien.

Coût du financement et tensions de trésorerie

Le taux moyen des prêts relais professionnels atteint 5,2 % en mars 2026, auquel s'ajoutent des frais de dossier de 1,8 % du montant emprunté et une assurance crédit de 0,4 % par an. Le coût total du portage financier représente 7 % du montant d'acquisition pour une durée de 12 mois, contre 3,2 % en 2022.

La limitation de l'effet de levier (apport personnel moyen de 28 %) réduit mécaniquement le nombre d'opérations réalisables par les structures sous-capitalisées. Le taux de refus des demandes de crédit professionnel atteint 34 % pour les opérateurs réalisant moins de 3 transactions par an, contre 12 % pour les structures établies (source BPCE, panel de 840 dossiers T4 2025).

Pression réglementaire et délais administratifs

La durée médiane d'obtention d'une autorisation de travaux (DP ou PC) s'établit à 4,3 mois en 2025, contre 3,1 mois en 2022. Les délais dépassent 7 mois dans 22 % des dossiers, principalement en zones ABF (architectes des bâtiments de France) et en périmètres protégés. Cette incertitude temporelle complique la planification des chantiers et accroît le risque de décalage des reventes.

L'interdiction progressive de la location des passoires thermiques (classe G interdite depuis janvier 2025, classe F à partir de janvier 2028) modifie les comportements d'acquisition. La décote moyenne sur les biens classés G atteint 34 % en 2025, contre 22 % en 2023, mais la profondeur du marché se réduit (baisse de 28 % du nombre de biens F-G mis en vente par des particuliers entre 2023 et 2025).

Stratégies d'arbitrage et positionnement concurrentiel

Segmentation par typologie d'actifs

Les maisons individuelles représentent 58 % des acquisitions par marchands de biens en 2025, devant les appartements (34 %) et les immeubles de rapport (8 %). La division parcellaire de maisons avec terrain concentre l'essentiel de la création de valeur sur ce segment : la marge médiane atteint 34 % pour une opération de division en 2-3 lots, contre 19 % pour une simple rénovation-revente sans modification de la configuration.

Les appartements anciens en centre-ville (antérieurs à 1970) offrent des marges de rénovation attractives (22 % en moyenne), mais exposent à une concurrence accrue des particuliers-rénovateurs et à des délais de revente allongés (8,7 mois en moyenne). Les studios et 2 pièces en première couronne parisienne enregistrent le taux de rotation le plus rapide (4,1 mois), mais affichent des marges unitaires réduites (15 % en médiane).

Montée en gamme et premium pricing

Le prix moyen de revente des biens transformés par marchands de biens atteint 387 000 euros en 2025 (+12 % sur deux ans), tandis que le prix moyen du marché de l'ancien ressort à 268 000 euros. Cet écart reflète une stratégie de montée en gamme : 64 % des biens rénovés par MdB intègrent des prestations haut de gamme (cuisine équipée, salle de bain premium, domotique), contre 38 % en 2022.

La valorisation de la performance énergétique constitue un levier de différenciation croissant : un bien classé A-B se vend en moyenne 18 % plus cher qu'un bien de standing équivalent classé D, et 32 % plus cher qu'un bien classé F-G. Cette prime énergétique justifie l'investissement dans les rénovations thermiques lourdes, sous réserve d'un délai de revente inférieur à 14 mois.

Stratégies de portage et optimisation fiscale

La durée médiane de détention avant revente s'établit à 11,2 mois en 2025. Les opérateurs adoptent des stratégies différenciées : portage court (6-9 mois) pour l'arbitrage sans travaux, portage moyen (10-14 mois) pour la rénovation standard, et portage long (15-24 mois) pour la division parcellaire avec obtention de PC.

L'optimisation de la structure juridique constitue un enjeu majeur : le recours aux SARL de famille permet de bénéficier de l'IS à 15 % sur les 42 500 premiers euros de bénéfice, tandis que le régime BIC classique expose à un taux marginal de 30 % (IS standard) ou jusqu'à 45 % (IR pour les personnes physiques). La mobilisation du régime mère-fille pour les groupes structurés permet de neutraliser la double imposition des dividendes.

Perspectives et facteurs d'évolution

Contraintes structurelles à moyen terme

Trois facteurs structurels pèsent sur la trajectoire de l'activité à horizon 2027-2028 : la hausse continue des coûts de rénovation (projection +8 % par an selon l'indice BT01), le maintien des taux d'intérêt à un niveau élevé (hypothèse centrale de 4,8 % pour les prêts relais en 2027), et le durcissement des normes énergétiques (interdiction de location des biens classés F à partir de janvier 2028).

La raréfaction des actifs à fort potentiel de décote constitue un défi majeur : le stock de biens classés F-G a diminué de 28 % entre 2023 et 2025, sous l'effet des rénovations réalisées par les propriétaires occupants et de la première vague d'interventions des marchands de biens. La capacité à identifier des gisements de valeur sur des biens classés D-E, moins décotés, conditionne la pérennité des modèles économiques actuels.

Opportunités de repositionnement

Trois segments affichent un potentiel de développement à moyen terme. La transformation de bureaux en logements (changement de destination) bénéficie d'un cadre réglementaire assoupli et d'une demande finale soutenue dans les métropoles régionales. Le potentiel est estimé à 2,3 millions de m² de bureaux obsolètes transformables à horizon 2030 (source JLL).

La rénovation de logements sociaux cédés en bloc par les bailleurs constitue une niche en développement : 14 structures spécialisées ont réalisé 340 opérations en 2025, pour un volume global de 87 millions d'euros. Ce segment exige une capacité de gestion de chantiers d'envergure (10 à 50 logements par opération) et une coordination avec les collectivités locales.

La division de grandes propriétés périurbaines (maisons de 200 m² et plus, terrain supérieur à 2 000 m²) offre des marges attractives (32 % en moyenne), mais requiert une expertise foncière et une maîtrise des PLU. Le potentiel est estimé à 8 400 biens éligibles à l'échelle nationale, concentrés en Île-de-France, région lyonnaise et littoral atlantique.

Scénarios d'évolution 2026-2028

Trois scénarios structurent la réflexion prospective. Le scénario central (probabilité 55 %) anticipe une stabilisation de l'activité autour de 36 000-38 000 transactions par an, portée par le maintien de la prime de rénovation énergétique et l'adaptation des modèles économiques aux nouvelles contraintes de coût.

Le scénario haut (probabilité 20 %) mise sur une reprise du crédit immobilier aux particuliers (taux à 3,2 % en 2027) et un assouplissement de la réglementation PLU, générant une hausse de 15 % de l'activité à horizon 2028. Ce scénario suppose une inflexion de la politique monétaire de la BCE et une décrue de l'inflation des coûts de construction.

Le scénario bas (probabilité 25 %) intègre une dégradation de la solvabilité des acquéreurs finaux (taux de crédit à 4,5 %, apport personnel moyen de 25 %), entraînant un recul supplémentaire de 18 % de l'activité et une concentration accrue du marché sur les structures les plus capitalisées.

Recommandations opérationnelles

Les opérateurs doivent ajuster leur modèle économique en fonction de quatre axes prioritaires. La sélectivité accrue des acquisitions s'impose : privilégier les biens présentant un différentiel de décote supérieur à 25 % par rapport au marché rénové, et limiter l'exposition aux biens nécessitant des travaux de structure (coût de dépassement de 35 % en moyenne).

La maîtrise du délai de revente constitue un impératif de rentabilité : chaque mois de portage supplémentaire érode la marge nette de 0,8 point en moyenne. La pré-commercialisation avant achèvement des travaux, la mobilisation de réseaux d'agents immobiliers spécialisés et l'ajustement des prix de vente aux conditions du marché local limitent le risque de portage prolongé.

La diversification territoriale réduit l'exposition aux dynamiques locales. Les opérateurs mono-région subissent une volatilité de résultat de 34 % en moyenne, contre 19 % pour les structures présentes sur trois régions ou plus. L'extension géographique suppose toutefois une capacité d'ingénierie locale (connaissance des PLU, réseau d'artisans, maîtrise des prix de marché) et un seuil minimal d'activité (5 opérations par an et par région).

L'optimisation de la structure financière devient décisive : réduire le recours au crédit relais au profit de lignes de crédit professionnelles (taux de 4,6 % en moyenne), mobiliser les dispositifs de BPI France (prêt croissance TPE à 3,8 %), et structurer les opérations en SAS pour attirer des investisseurs en capital. Le ratio de solvabilité (fonds propres / encours de dette) doit être maintenu au-dessus de 35 % pour sécuriser l'accès au crédit.

Les points de vigilance prioritaires concernent la gestion du risque de découverte de pathologies (diagnostic renforcé, budgétisation d'une marge de sécurité de 15 %), l'anticipation des évolutions réglementaires (RE2025, interdiction de location des biens classés E à partir de 2034), et la sécurisation des délais administratifs (dépôt anticipé des demandes d'autorisation, recours à des cabinets spécialisés pour les dossiers complexes).

La professionnalisation des structures demeure un levier de compétitivité : recrutement de profils techniques (conducteurs de travaux, économistes de la construction), digitalisation de la gestion de projet (logiciels de planification, suivi de chantiers), et structuration de partenariats avec des entreprises générales pour maîtriser les délais et les coûts.

Questions fréquentes

Quel volume de fonds propres pour démarrer une activité de marchand de biens ?

Un opérateur débutant doit disposer de 80 000 à 120 000 euros de fonds propres pour réaliser 2 à 3 opérations par an en rénovation-revente. Ce montant couvre les apports exigés par les banques (28 % du prix d'acquisition en moyenne), les frais notariés, les assurances et une réserve de trésorerie pour les imprévus de chantier. Les opérateurs visant un rythme de 8 à 10 transactions annuelles nécessitent un capital de 250 000 à 350 000 euros.

Comment évaluer la rentabilité prévisionnelle d'une opération ?

La rentabilité nette avant impôt se calcule selon la formule : (Prix de revente - Prix d'achat - Frais d'acquisition - Coût des travaux - Frais financiers - Frais de revente) / Prix d'achat. Une opération viable affiche un ratio supérieur à 18 % en rénovation-revente et 25 % en division parcellaire. Les frais financiers représentent 7 % du montant d'acquisition pour 12 mois de portage, les frais de notaire 8 % à l'achat, et les frais d'agence 4 à 6 % à la revente.

Quels sont les critères de sélection d'un bien à fort potentiel ?

Quatre critères déterminent le potentiel d'une acquisition : une décote supérieure à 25 % par rapport aux biens rénovés comparables, un emplacement dans une zone à forte liquidité (délai de vente inférieur à 6 mois), un diagnostic technique ne révélant pas de pathologies structurelles lourdes, et une configuration permettant une valorisation significative (division parcellaire, optimisation des surfaces). Les biens classés F-G en zones tendues offrent les meilleures marges sous réserve d'un budget de rénovation énergétique maîtrisé.

Comment financer une activité de marchand de biens en 2026 ?

Le financement repose sur trois sources : les fonds propres (apport personnel de 28 % en moyenne), les prêts relais professionnels (taux de 5,2 %, durée de 12 à 24 mois), et les lignes de crédit confirmées (taux de 4,6 %). Les banques régionales et les établissements spécialisés (Caisse d'Épargne, Banque Populaire, Arkéa) affichent les meilleurs taux d'acceptation pour les opérateurs réalisant plus de 3 transactions par an. Le recours à des investisseurs en capital (family offices, business angels) se développe pour les structures visant une croissance rapide.

Quelle structure juridique privilégier pour optimiser la fiscalité ?

La SARL de famille bénéficie de l'IS à 15 % sur les 42 500 premiers euros de bénéfice, puis 25 % au-delà, et permet la transmission progressive du capital. La SAS offre une flexibilité dans la gouvernance et facilite l'entrée d'investisseurs externes. L'entreprise individuelle au régime BIC expose à l'IR avec des taux marginaux pouvant atteindre 45 %, mais simplifie la gestion administrative pour les débutants réalisant moins de 3 opérations par an. Le choix dépend du volume d'activité, de la stratégie de développement et de la situation patrimoniale de l'opérateur.

Cet article a été rédigé par le Pôle Direction du cabinet Kearmont & Partners en 21 mai 2026. Les analyses présentées reflètent la lecture du cabinet à cette date.

Pour citer cet article

Kearmont & Partners — Pôle Direction (2026). Marché marchand de biens 2026 : analyse structurelle. Insights Kearmont & Partners. Disponible sur /insights/article/marche-marchand-biens-france-2026-etude-sectorielle.

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Catégorie

Études sectorielles

Études de référence sur les marchés immobiliers et fonciers français.

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